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Cité scolaire René Pellet, Villeurbanne

"Comprendre l'esclavage d'hier, vaincre les préjugés d'aujourd'hui"

Les élèves de la classe de seconde BAC PRO AGORA (Assistance à la gestion des organisations et de leurs activités) de l’Établissement Régional d'Enseignement Adapté (EREA) René Pellet de Villeurbanne — établissement accueillant des élèves en situation de handicap — vont présenter une saynète intitulée :
« Comprendre l’esclavage d’hier, vaincre les préjugés d’aujourd’hui ».

Ce projet théâtral est le fruit d’un travail collectif autour de l’histoire de l’esclavage et de ses héritages. Les élèves ont rédigé le texte à partir de documents historiques, de films et de documentaires, leur permettant d’analyser les mécanismes de l’oppression passée et ses répercussions dans le monde contemporain.

Sur scène, certains interprètent des esclaves ou des négriers du XVIIIᵉ siècle, tandis que d’autres incarnent leurs descendants confrontés aux discriminations raciales actuelles. En tissant un lien entre passé et présent, cette création vise à éveiller les consciences, déconstruire les préjugés et affirmer les valeurs d’égalité et de respect.

John, collaborateur : Giovanni GENTY

Maeva, assistante administrative : Basma MATTAR

Deux collaborateurs : Zeynep KOC +Clara MENASSA

Suzanne, grand-mère : Sara HAMROUCHE

Conteuses : Maëlys GIMENEZ, Nesrin RIAHI EL IDRISSI et Manar TIRARI

Mariama, petite fille: Farah BENIDIR

Trafiquants d’esclaves : Walid SAIHI

François, fils du maître : Iacopo MAZUREK

Le chœur : Inès BENAZOUZ et les autres élèves

 

Scène 1

John : « Mais qu’est-ce que tu fais encore ! tu n’es qu’une bonne à rien ! A quoi sers tu ici ???

Tu ne mérites pas ton poste.

Tu n’as pas ta place ici ! tu serais mieux dans une plantation tout comme tes ancêtres esclaves.

Maeva : Mais !

John : Chutttt

Maeva : Mais ! ...

John : Noir, CONDAMNE A L’ECHEC. Tu vois pourquoi je t’appelle « le troll ».

Quelle image donnes-tu de l’entreprise !

Maeva : Comment oses-tu me juger sur ma couleur de peau !

Quelle honte !!! Tu le regretteras !

 

Sur scène 

Une collaboratrice et un agent de service assistent à la scène :

- Zeynep (agent de service) choquée mais habituée : (souffle et râle) « toujours la même histoire…. »

- Clara (collaboratrice) choquée, filme avec son téléphone puis partage sur les réseaux « STOP AU RACISME »).

 

Conteuse 1

Maeva, 22 ans, est assistante administrative dans une grande entreprise.  Monsieur John, son collaborateur, occupe la même fonction.

Maeva subit depuis plusieurs mois des violences verbales en raison de ses origines africaines et de sa couleur de peau.

Depuis qu’elle a commencé à travailler dans cette entreprise elle fait l’objet de nombreux propos racistes et discriminatoires. Son collaborateur John, remet en cause ses compétences parce qu’elle est noire, africaine, descendante d’esclave.

 

Répétition par le groupe des mots « noire, africaine, descendante d’esclave », accompagnement huming/ bruits sourds, écho des différentes voix.

 

Les mots résonnent dans sa tête (Maeva)

Mise en scène : Maeva se réveille en pleurs, mains sur la tête et crie : « ah ah ah »

 

Conteuse 2

Sa grand-mère Suzanne la trouve en pleurs, Maeva lui raconte sa souffrance au travail.

 

Scène 2

Dialogue Suzanne / Maeva :

Suzanne : Que se passe-t-il ma petite fille ?

Maeva : C’est John mon collaborateur !!! il me rabaisse à cause de ma couleur de peau !

Suzanne : Comment est-ce possible ???? moi qui pensait que cette violence était dernière nous ! Tout cela me rappelle l’…

Maeva : De quoi parles-tu grand-mère ?

Suzanne : Ecoute ma petite fille, ce que tu subis au travail est directement lié à l’histoire de nos ancêtres noirs maltraités par les blancs…

 

Conteuse 2

Du 16ème au 18ème siècle, en Afrique, des milliers d’hommes, femmes et enfants noirs sont brutalement arrachés à leur terre natale par des européens esclavagistes. Enchainés, ces captifs sont convoyés à marche forcée jusqu’au port où un immense bateau-négrier les attend pour le « passage du milieu ». Cette traite négrière marque un odieux négoce d’êtres humains que l’on prive de toute liberté.

 

Bruit de chaînes …. Passage des élèves mains derrière le dos…. Sur fond musical

 

Le voyage en mer est un cauchemar. Ils sont entassés nus dans l’obscurité, sans nourriture : beaucoup meurent sous la violence ou de maladie. Ils sont jetés par-dessus bord et gisent au fond de la mer.

Après trois mois de traversée, les esclaves arrivent dans le nouveau monde et sont vendus comme du bétail sur le marché aux esclaves. Certains vont travailler sur des plantations de canne à sucre, café, coton… et d’autres deviennent domestiques. Ces esclaves noirs sont violentés, maltraités, et exploités physiquement et sexuellement.

Dialogue Suzanne / Maeva :

Suzanne : En 1775, Mariama, une de nos ancêtres, âgée de 10 ans, a été enlevée au Kongo par des marchands d’esclaves locaux et revendue avec sa famille à des blancs. Ils ont été emmenés de force jusqu’au port de Loango puis jetés dans un bateau négrier.

 

Mariama joue avec deux de ses camarades. Un marchand aux esclaves la kidnappe.

 

Maeva : Pourquoi les blancs les ont-ils arrachés à leur terre ?

Suzanne : Pour les blancs, les africains noirs appartenaient à une race inférieure en raison de leur couleur de peau. Ils les utilisaient comme main-d’œuvre pour travailler sur les plantations.

 

Maeva : Où les blancs ont-ils emmené Mariama ?

Suzanne : Mariama a été emmenée en Guadeloupe. Elle a été entassée, enferrée avec des centaines d’autres esclaves sur un bateau négrier.

Elle a été vendue à une famille européenne sur un marché aux esclaves, comme un animal pour devenir une esclave domestique.

 

Maeva : Comment Mariama a été traitée ?

Suzanne : Elle a mené une vie très difficile, son travail domestique était rude, elle travaillait sans relâche.

Son seul réconfort était François, l'enfant de la famille, qui est devenu son ami et qui lui a appris à lire et écrire le français.

 

François a un grand livre et apprend à lire à Mariama.

 

Maeva : Qu’est devenue la famille de Mariama ?

Suzanne : Sa mère et son petit frère n’ont pas survécu à la traversée. Son père a été vendu à un marchand en tant qu’esclave sur une plantation de canne à sucre, dans une des colonies françaises d’Amérique.

Maeva : A-t-elle essayé de s’échapper ?

Suzanne : Oui, mais c’était impossible. Tous ceux qui tentaient de s’échapper étaient rattrapés par la chasseuse d’esclaves Madame la Victoire. Ils devaient porter le masque de honte, leurs maîtres les marquaient au fer, leur coupaient une oreille puis le jarret, ou pire encore, les pendaient par le thorax pour toujours plus de souffrance.

 

Maeva : C’est injuste…Comment l’esclavage a-t-il pris fin ?

 

Répétition en anglais par un élève : It’s unfair ! How did slavery end ?

 

Suzanne : Des esclaves se sont rebellés pour retrouver leur liberté, soutenus par des personnalités telles que Georges Clémenceau,

 

Les élèves se retournent les uns après les autres pour citer les noms :

 

Harriet Tudman, Victor Schœlcher, Cyrille Bissette, David Livingstone, Léger-Félicité Sonthonax, Abraham Lincoln, Ruby Bridges, Olympe de Gouges, Rosa Parks, Malcom X, Martin Luther King

 

Suzanne : Mais pour beaucoup, la Liberté est arrivée trop tard.

Répétition en anglais par un élève : But for many of them, freedom came too late.

 

Les élèves chantent en accompagnant par des mouvements (bras et pieds).

 

Refusez de vivre au passé, sans effacer sa mémoire,

telle est la règle du jeu, pour ultra vivre

 

Conteuse 3

Plus de 12 millions d’esclaves africains noirs ont été déportés, vendus en Europe et aux Amériques entre le XVème et le XIXème siècle. Beaucoup d’entre eux sont morts sur les plantations ou en voulant s’échapper.

En France, l’esclavage a été aboli en 1848.

Aujourd’hui encore, des millions de personnes sont victimes d’esclavage à travers le monde. Le racisme est né et s’est construit autour de l’histoire de l’esclavage. Esclavage et racisme perdurent actuellement.

 

 

Les élèves chantent les slogans (avec un fond musical):

 

- Liberté, égalité, fraternité

- Stop au racisme !

- Stop, stop, stop à la violence, ce que nous voulons c’est stopper cette souffrance !

- Nous sommes tous égaux, pas de différence

- Black lives matter ! (trois fois)

 

Les élèves déclament :

 

Noir et fier de l’être, on n’est pas condamné à l’échec !

 

Black and proud to be, one is not condemned to failure

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